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Bon de visite : à quoi sert-il vraiment, papier ou numérique ?

Sur le pas de la porte, l'agent tend une feuille : nom, date, adresse du bien, signature. Presque tout le monde signe sans lire, et peu de gens savent à quoi sert ce papier. Chez les agents eux-mêmes, les réponses varient.

Une main remplit un formulaire papier au stylo

Photo : perpetual.fostering, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons, recadrée

Une preuve de mise en relation

Le bon de visite n'apparaît ni dans la loi Hoguet du 2 janvier 1970 ni dans son décret d'application de 1972. C'est un usage de la profession, que les tribunaux acceptent comme preuve : tel jour, telle personne a vu tel bien par l'intermédiaire de telle agence. Il sert le jour où vendeur et acquéreur se retrouvent chez le notaire sans l'agent, parfois un an après la visite. L'agent peut alors montrer qu'il a présenté le bien et faire valoir ses droits, selon ce que prévoit son mandat.

Pour le vendeur, l'intérêt est plus terre à terre : garder la liste des gens qui sont entrés chez lui.

Il n'oblige l'acquéreur à rien

Signer un bon de visite ne vaut ni offre d'achat ni engagement de passer par l'agence. En France, la commission de l'agent découle du mandat écrit que lui a signé le vendeur (ou l'acquéreur, dans un mandat de recherche), et la Cour de cassation l'a rappelé à de nombreuses reprises. Certains bons contiennent une clause qui promet une indemnité si l'acquéreur achète en direct ; les juges leur accordent peu de valeur face à la loi Hoguet.

Racheter en direct un bien visité avec une agence, pour économiser les frais, reste une mauvaise idée. L'agent peut attaquer, et vendeur comme acquéreur se retrouvent dans une procédure qui dure plus longtemps que la vente. Pour une clause précise ou un litige, votre notaire ou un avocat vous dira ce qu'il en est.

Le défaut du papier

Il arrive au mauvais moment. La personne est déjà sur le trottoir, elle a posé sa demi-journée, et l'agent connaît son nom et à peu près rien d'autre. Son budget, son financement, le délai de son projet, il les apprendra en faisant le tour du jardin, ou jamais.

Ensuite la feuille part dans un classeur, et le jour où quelqu'un demande qui a visité quoi en mars, il faut tout ressortir.

Signé en ligne, avant de se déplacer

La version numérique a la même fonction : un nom, un bien, une date, et une signature validée par un code à six chiffres, avec l'heure. Le numéro de mobile de l'acquéreur figure sur le document, comme sur la feuille. Ce qui change, c'est le moment où on la demande.

Si la signature est l'étape qui ouvre le dossier du bien (plans, factures, historique des travaux), et qu'elle vient après deux lignes où l'acquéreur décrit ce qu'il cherche, l'agent sait à qui il ouvre la porte avant même de fixer le rendez-vous. Celui qui refuse de laisser son nom pour lire les factures de la toiture ne cherchait sans doute pas très sérieusement.

Côté acquéreur

Rien d'inquiétant à signer, sur papier comme à l'écran. Lisez quand même le texte : un bon de visite tient normalement en quelques lignes, et une phrase qui parle d'argent mérite une question à l'agent avant de signer. Gardez une copie ou une capture d'écran.

Sources : loi n° 70-9 du 2 janvier 1970, dite loi Hoguet (Légifrance) · P. Bellanger, avocat, « Le bon de visite, un moyen de preuve pour l'agent immobilier ? », Village de la Justice.

Le bon de visite dans Grean

Dans le dossier d'un bien Grean, le vendeur décide à la publication si un bon de visite est demandé, et à quel palier. L'acquéreur décrit son projet, lit le bon sur sa page, puis le signe en saisissant un code de validation reçu par email. Le vendeur ou l'agence voit son nom et son projet avant la première visite.

Les inscriptions et les visites avec Grean

Publié le 5 septembre 2026, mis à jour le 5 octobre 2026.

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